J’ai revu un vieil ami récemment. Cela fait maintenant un moment que ça ne va pas bien pour lui. J’ai voulu le convaincre. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Alors que faire quand un proche n’arrive pas à changer ?

Je voulais convaincre un ami

En fait, nous nous voyons périodiquement et à chaque fois il se passe à peu près la même chose.

Je suis inquiet et touché par ses difficultés. En effet, épuisé par des regrets et un profond sentiment d’échec, il n’a plus d’énergie.  Du coup, il procrastine sur des démarches qui pourraient lui être très fructueuse.

Pour ma part, j’aimerais tellement qu’il aille mieux et qu’il s’en sorte. Il pourrait ainsi enfin profiter de la vie !

Convaincre un proche de faire autrement

De son côté, il a essayé de s’en sortir, à sa manière. Mais de mon point de vue, il s’y est mal pris. Après des années de lutte, épuisé, il a abandonné.

En effet, à force de subir des revers, il a fini par s’identifier à son échec :

  • « De toute façon, c’est foutu» ;
  • « Je suis trop vieux » ;
  • « Ce n’est pas pour moi » ;
  • « Je n’en suis pas capable» ;
  • Etc.

Je le sens aller de moins en moins bien.

Son sac à dos est devenu trop lourd, mais hélas, il a tellement l’habitude de le porter qu’il n’arrive plus à s’imaginer autrement.

De mon côté, j’ai essayé pendant des années de l’encourager, de partager des solutions ou de proposer des idées pour l’aider à faire autrement.

Mais hélas, rien n’y fait, impossible de le convaincre d’agir.

Convaincre et persuader, vouloir pour l'autre sans l'autre

Convaincre et persuader, c’est vouloir pour l’autre, mais sans l’autre

Agir toujours plus de la même façon, entraînera toujours plus du même résultat

Nous nous sommes donc revus une fois de plus. Nous avons discuté et comme à chaque fois, j’ai été touché.

J’ai donc de nouveau essayé de le convaincre d’essayer quelque chose de différent. Je lui ai reparlé de thérapies telles que la TBSI ou l’EMDR qui ont des taux de réussite de 80%.

Il a hoché de la tête, mais au fond de moi je sentais qu’il n’allait pas le faire. Ça m’a beaucoup attristé. D’autant plus que c’était la énième fois que je tentais de le convaincre en m’y prenant de cette façon. Evidemment, ça s’est traduit par le même résultat que les fois précédentes (d’ailleurs, la psychologie explique assez bien pourquoi).

Cela m’a malgré tout conduit à me demander :

  • « Est-ce que ce ne serait pas moi qui serait dans l’erreur ?»
  • « Est-ce que je ne serais pas en train de me tromper ?»

Souvent nous pensons avoir la bonne solution pour l’autre et on aimerait qu’il la suive.

Parfois, c’était une erreur de vouloir convaincre

En effet, convaincre ou vouloir que l’autre change, c’est vouloir “pour l’autre” mais “sans l’autre”.

Que ce soit par rapport à des amis, la personne avec qui on partage sa vie ou autre, on aimerait tellement que les gens soient… comme on aimerait qu’ils soient.

Et avec les meilleures intentions du monde d’ailleurs !

Sur le moment, on se rend rarement compte du fait que ce désir de changer l’autre “pour l’autre” répond aussi à notre besoin personnel.

Mais notre schéma est-il vraiment compatible avec le sien ?

Convaincre ou se libérer du désir de changer l'autre ?

Convaincre, pousser l’autre est-ce toujours une bonne chose  ?

Le syndrome du sauveur

Cela me fait penser à ces parents (que je rencontre notamment en thérapie), qui veulent à tout prix protéger leur enfant de tout risque. Du coup, ils ne leur laissent pas la possibilité d’expérimenter par eux-mêmes !

Cela conduit inévitablement à des catastrophes. Bien sûr, ils croyaient agir intégralement pour leur enfant. Seulement, ils n’avaient pas vu que c’est surtout leur propre angoisse ou culpabilité, qu’ils essayaient d’apaiser.

Quand on veut pour l’autre, souvent on se retrouve avec le contraire de ce qu’on veut

Se libérer du sauveur qui est en nous

Vous doutez bien qu’avec mon métier (psychologue), je sais de quoi je parle sur cette question :-).

Face à cet ami et voyant l’éternel recommencement arrivé, je me suis dit :

« Allez, arrête d’essayer de le convaincre. Laisse de côté le sauveur qui est en toi, arrête de vouloir à sa place et passe juste un bon moment avec lui.  ».

De toute façon, s’il n’a pas écouté, pris en compte ou pas vraiment essayé de changer les choses, cela veut simplement dire :

  • Qu’il n’est pas prêt, que ce n’est pas le moment pour lui ;
  • Ou alors que ce n’est carrément pas pour lui.

Cela m’a soulagé.

Convaincre ou arrêter de vouloir que l'autre change ?

Convaincre ou arrêter de vouloir que l’autre change ?

Mais que faire lorsque c’est avec notre partenaire de vie ?

Alors dans ce cas, il s’agissait d’un ami, mais j’ai déjà rencontré cette situation avec une ancienne partenaire. J’avais vraiment à cœur qu’elle voit un certain nombre de choses. Et bien sûr, ça s’est avéré encore plus compliqué.

En effet, plus le lien affectif est intense, plus on côtoie la personne au quotidien, plus il est difficile de prendre du recul.

Alors qu’est-ce que cela peut devenir si notre partenaire a des réactions qui sont toxiques pour nous ?!

Et notamment, comment faire si ces comportements (qu’il ou elle ne veut pas ou n’arrive pas à remettre en question) réveillent d’anciennes blessures ?

Et surtout, que faire face à la perspective d’un avenir trop incertain ou en désaccord avec nos désirs profonds ?

Plutôt que de vouloir convaincre…

On peut commencer par essayer de réellement se mettre à sa place, en essayant d’adopter son point de vue.

Cela peut aider à trouver des solutions alternatives qu’il pourrait peut-être adopter. Mais si c’est trop difficile ou si ça ne marche pas…

Alors c’est que c’est certainement le moment d’accepter que ça ne va pas se passer comme on aimerait.

Se poser les bonnes questions

Cela dépend de la situation et il va falloir se poser les bonnes questions :

  1. Quels sont mes besoins qui ne trouvent pas satisfaction ?
  2. Depuis combien de temps est-ce que je prends sur moi ?
  3. Depuis combien de temps est-ce que j’essaie de changer les choses
  4. La situation est-elle devenue toxique pour moi ?
  5. Comment puis-je répondre à mes besoins autrement qu’en faisant changer l’autre ?
  6. Indépendamment de ce que j’aimerais, sommes-nous réellement compatibles ?
  7. Qu’est-ce que je n’ai pas encore essayé et qui pourrait m‘aider à répondre à mes besoins propres ?

Bien sûr, cela implique un certain travail sur soi ou en tout cas, sur sa vision de la situation. Bien sûr, c’est plus facile lorsque l’on est accompagné et soutenu pour le faire..

Mais cela peut aussi impliquer de mettre de la distance ou même de se séparer, que ce soit momentanément ou définitivement.

Dans tous les cas, cela implique de lâcher prise sur ce qu’on veut pour l’autre.

Et que s’est il passé finalement pour cet ami ?

Rien de plus, si ce n’est qu’après avoir arrêté de vouloir le changer,  je me suis senti mieux : plus léger.

Cet article vous a plu ?

Alors partagez-le et dites-nous dans les commentaires comment est-ce que vous faites face à de telles situations ! Partagez vos expériences avec nous pour qu’elles profitent à tout le monde 😊.

À bientôt !

Karim

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