Saviez-vous qu’il existe plus de 400 méthodes de psychothérapies différentes ?! Alors comment choisir sa thérapie sachant que la plupart des gens n’y connaissent rien et que de nouvelles méthodes sont développées en permanence ? C’est ce que nous allons voir ensemble. Pour cela, nous commencerons par un constat sévère, mais indispensable. Je vous partagerai ensuite deux

clés essentielles ainsi que la façon dont je procède.

Qu’est-ce que la psychothérapie

Une psychothérapie est une méthode de traitement par des moyens psychologiques.

Cela permet de traiter des difficultés, un mal-être ou des troubles psychologiques. Mais on peut aussi traiter des troubles somatiques (par ex. insomnies, troubles digestifs, douleurs chroniques, etc.) en psychothérapie.

Quelle que soit le type de méthode, la psychothérapie est de plus en plus considérée comme un des moyens de traitement les plus efficaces (source).

Notez aussi que pour exercer la psychothérapie, il faut se former au sein d’instituts de formations qui sont spécialisés dans un type de psychothérapie particulier. Chaque approche thérapeutique aura des avantages et des inconvénients, selon le problème à traiter, la personnalité du patient, le moment de la vie, etc.

Enfin, le titre de psychothérapeute est protégé en France depuis 2004.

Un repère important pour choisir sa thérapie

On distingue trois types de durée en psychothérapie :

  • Court terme : moins de 15 séances (quelques semaines à environs 6 mois).
  • Moyen terme : entre 15 et 50 séances (entre 6 mois et 2 ans).
  • Long terme : plus de 50 séances (plus de 2 ans).

On parle de thérapie brève pour les méthodes qui sont conçues pour travailler entre 2 à 10-12 séances maximum. Je vous mets un lien en fin d’article pour en savoir plus.

Là encore, vigilance face à certaines idées reçues ! Par exemple, celle qui consisterait à croire qu’une thérapie doit durer pour être profonde. La réalité est bien plus complexe.

Avec la mauvaise méthode de thérapie, on peut rester « en surface » pendant 10 ans, alors qu’avec la bonne on peut aller très loin en 2 ou 3 séances.

Il faut donc prendre en compte ce paramètre de la durée pour choisir sa thérapie.

Un autre repère pour savoir comment choisir sa thérapie

En psychothérapie on distingue plusieurs grands courants de référence, qui se sont développés tout au long du 20ème Siècle. On distingue donc les thérapies :

  • Analytiques (moyen ou long terme) ;
  • Cognitives et comportementales (court ou moyen terme).
  • Humanistes (en général à moyen terme).
  • Systémiques (court ou moyen terme)

Enfin, il y a les approches psycho-corporelles (court ou moyen terme)

Je ne rentrerai pas plus dans les détails aujourd’hui. Mais vous trouverez un lien sur cette question en fin d’article. Retenez pour l’instant que se faire une idée générale des grands types de psychothérapie est intéressant, mais n’est pas suffisant pour savoir si cela va vraiment nous aider.

Pourquoi ?

Tout simplement parce qu’il est très compliqué de se faire une représentation juste de ce que peut être un type de thérapie, tant qu’on ne l’a pas expérimenté.

On peut donc facilement se fourvoyer.

Par exemple, j’ai souvent entendu des choses comme “je suis plutôt dans l’analyse et la réflexion, donc je pense que c’est une thérapie analytique qu’il me faut“.

La plupart du temps, c’est une erreur, car même si l’intellect est une ressource utile, il sert souvent consciemment ou inconsciemment, de “défense” pour éviter certains ressentis émotionnels.

Et éviter ses ressentis, ça n’a jamais permis d’avancer en thérapie ! Au contraire…

Pour bien choisir sa thérapie, il ne suffit donc pas :

  • De se renseigner sur les grands types de psychothérapie ;
  • De s’orienter vers un des types qui semble nous correspondre à priori.

Pour que vous puissiez comprendre pourquoi, il faut que je développe un point qui est encore assez mal connu en France.

Choisir sa thérapie

Choisir sa thérapie : plusieurs paramètres à prendre en compte

Les thérapies intégratives

Lorsqu’on on y regarde de plus près, on se rend vite compte que chacun des grands courants de psychothérapie apporte quelque chose d’intéressant et d’utile.

Le problème est que ces courants se sont pendant longtemps développés “en parallèle” : séparément. Cela s’explique historiquement, mais aussi par le fait que chaque approche présente, en soi, un champ d’action et d’exploration très vaste !

Heureusement, certains praticiens plus audacieux et libres intellectuellement, n’ont pas attendu l’aval de leur “communauté”. Ils ont commencé à croiser et combiner des processus et techniques issues de différentes approches, dans le but d’améliorer l’efficacité thérapeutique.

Et ce travail d’intégration de différentes techniques et approches s’est avéré très fructueux

C’est ce que l’on a appelé les thérapies intégratives.

Choisir sa thérapie dans les nouvelles approches prometteuses

À ce jour, la plupart des thérapies récentes et prometteuses, comme la Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (TCC de 3ème vague), la thérapie EMDR ou la TBSI (Thérapie Brève Self Inductive), sont des thérapies intégratives.

L’approche intégrative permet donc l’émergence de modèles de thérapies de plus en plus performants.

Car elles  bénéficient des dernières avancées, tout en prenant en compte ce qui ne marche pas (ou pas bien) dans les modèles plus anciens. 

De même, des thérapeutes intégratifs (qui utilisent plusieurs outils même si ce sont des outils classiques) disposent de fait d’une plus grande marge d’adaptation au patient et à ses problématiques.

C’est pourquoi je vous recommanderais de vous tourner plutôt vers des modèles de thérapies récents (post années 90 dirons-nous), ou des praticiens qui combinent plusieurs outils.

Attention, je ne dis cependant pas qu’il faudrait systématiquement exclure toute pratique plus ancienne.

Quoi qu’il en soi et même avec ce repère, le choix d’une thérapie reste assez complexe.

Saviez-vous d’ailleurs que c’est un vrai “casse tête” aussi pour les professionnels ?!

L’orientation en psychothérapie par les professionnels

Dans un parcours de soin optimal, n’importe quel professionnel (psychologue, psychothérapeute ou psychiatre) devrait pouvoir orienter de façon efficace le patient vers des solutions adaptées, sur la base de critères objectifs.

Cependant, c’est loin d’être aussi évident. Dans les faits (et j’en suis le premier attristé), j’ai beaucoup de retours négatifs, de patients comme de proches, sur cette question.

Il y a plusieurs raisons à cela.

Psychologues, médecins généralistes et psychiatres : un problème de formation

Même si cela ne fait pas plaisir à entendre, il faut bien admettre la chose suivante :

Bien que les psychologues soient évidement les experts de la psychologie, leur formation initiale est insuffisante dans le domaine de la psychothérapie. Et c’est la même chose pour les psychiatres (qui par ailleurs ne sont pas formés à la psychologie). Quant aux médecins généralistes, ils n’ont pas de formation dans ce domaine dans leur cursus initial.

Les professionnels ont donc globalement une connaissance assez limitée des différents types de psychothérapie.

Orienter les patients sur la base de critères objectifs, peut donc s’avérer complexe pour certains.

À leur décharge, il faut admettre que certaines difficultés au niveau de la recherche en psychothérapie.

Le problème de la recherche en psychothérapie

Si l’efficacité des psychothérapies est démontrée de façon générale et pour certaines méthodes, au regard de certaines problématiques spécifiques (comme l’EMDR pour les traumatismes par exemple), il y a encore un manque de travaux sur l’efficacité comparative des méthodes entre elles.

Cela est entre autres dû à la complexité qu’il y à évaluer de façon précise des rapports de causalités dans un domaine aussi complexe que celui de la psychothérapie.

Le manque d’études et ou de résultats comparatifs solides entre les différentes méthodes, rend de fait le sujet épineux pour les professionnels.

Mais il n’y a pas que cela .

Un tabou français

Pour des raisons historique, le sujet de la comparaison des psychothérapies est encore un tabou en France.

D’ailleurs, l’article que vous êtes en train de lire est à l’origine le fruit d’une commande. Celle d’un journal de prévention en santé d’un grand groupe mutualiste français.

Si vous le lisez sur mon blog et non pas dans ce journal, c’est parce que l’un des membres du comité de lecture a rejeté en bloc certaines propositions de cet article.

En bloc, cela veut dire qu’il a n’a pas été possible d’obtenir un motif “rationnel” à ce rejet.

Bien choisir sa thérapie : écouter les conseils mais faire son propre choix

Certains tabous et blocages idéologiques (issus du 20ème Siècle) persistent donc encore en France. Tout cela brouille les pistes et rend difficile l’orientation, autant pour les patients que pour les professionnels.

C’est pourquoi, bien qu’il soit toujours important d’écouter les recommandations d’un professionnel (d’autant plus si vous avez confiance en lui), il ne faut jamais s’en remettre complètement à une orientation faite par un tiers, quel que soit son statut.

Ce que je veux dire par là, c’est qu’il faut prendre un certain recul et se donner la possibilité “de voir”. Et ne pas se remettre fondamentalement en question si ça n’est au final pas satisfaisant. Beaucoup de facteurs peuvent jouer.

Quoi qu’il en soit, ne perdez pas espoir, car une chose est certaine : je vois chaque jour dans mon cabinet des patients qui vont de mieux en mieux. Et je suis loin d’être le seul.

Une méthode adaptée avec un bon thérapeute peuvent contribuer à changer votre vie.

Bien choisir sa thérapie

Bien choisir sa thérapie n’est pas évident, quels sont les conseils à retenir ?

Alors comment bien choisir sa thérapie ?

Nous y venons, mais vous l’avez compris, je ne vais pas vous donner une solution “toute faite”.

Pourquoi ?

“Vous, vous ne distribuez pas du poisson, vous apprenez à pêcher…”

Je ne vous cache pas que cela m’a beaucoup touché lorsqu’un patient m’a fait cette remarque.

Apprendre à “pêcher” pour choisir sa thérapie

Je crois que c’est le plus important :

Développer son autonomie tout en apprenant à saisir les aides qui s’offrent à nous.

Je vais donc vous expliquer comment je fais avec les patients que je réoriente ou les proches que je suis amené à aider.

En fait, j’applique un principe simple, qui est également appliqué en médecine.

Pour choisir sa thérapie : le principe de la réponse graduée

Autrement dit, je cherche dès le départ le traitement avec le moins d’inconvénients et le maximum de bénéfices potentiels. Puis on “monte en charge” si besoin.

Mais comment faire cela dans le champ de la psychothérapie, alors qu’on n’y connait rien ?!

En commençant de préférence avec de la thérapie brève (ou du côté de méthodes de thérapie qui peuvent être brèves, comme l’EMDR ou certaines thérapies intégratives par exemple).

Pourquoi ?

Justement parce que si cela suffit, on a “tout gagné” (en termes de temps, d’argent et d’énergie). Autrement dit, c’est le traitement le moins invasif.

Mais, s’il y a besoin d’un complément, on peut alors prolonger le travail à moyen terme (à l’aide d’une autre méthode ou non). Et ainsi de suite.

De cette façon, on maximise à chaque étape les bénéfices thérapeutiques, en minimisant les inconvénients, notamment le coût de la thérapie et le temps passé.

Une objection courante

On pourra objecter qu’il serait quand même préférable de ne pas multiplier les essais avant de trouver la bonne méthode et le bon thérapeute.

Je suis entièrement d’accord sur le principe.

Seulement, après plus de 12 ans de pratique, je suis forcé de constater que beaucoup de situations nécessitent l’emploi de plusieurs méthodes complémentaires.

De plus, il est assez évident qu’on ne peut pas savoir si un thérapeute ou une thérapie nous conviennent avant d’avoir essayé.

Il est donc normal de devoir faire plusieurs essais, avant de trouver.

En commençant par de la thérapie brève, on garde une bonne marge de manœuvre  à chaque étape. On réduit le risque d’un investissement long, onéreux, peu fructueux et au final décevant.

Autrement dit, on augmente les chances de trouver assez rapidement une méthode efficace, avec un thérapeute qui nous convient.

Mais pour bien choisir sa thérapie, il faut coupler cette démarche à une autre

Choisir sa thérapie c’est se renseigner en amont auprès des thérapeutes que l’on pourrait envisager de consulter

Pour cela, le plus simple est de commencer par regarder leur site web, les explications qu’ils donnent et surtout, les avis laissés sur internet par d’anciens patients.

Cela vous permettra de vous faire une première impression.

Ensuite et c’est déterminant, adressez-vous directement aux psys que avez repérés, lors d’un premier contact téléphonique.

À cette occasion, demandez-leur explicitement si leurs méthodes sont efficaces pour traiter le problème concerné.

Mais surtout, demandez-leur dans quelle temporalité en moyenne.

Leurs réponses, mais aussi leur façon de vous répondre vous permettront de vous faire une impression. Si elle est positive, elle favorisera votre engagement dans la thérapie. À l’inverse, si vous avez des doutes, cela vous aidera à vous décider pour quelqu’un d’autre.

Quoi qu’il en soit et quel que soit votre choix…

Offrez-vous le droit à l’essai.

Le remboursement du psychologue par la mutuelle

Essayer : meilleur (et le seul) moyen si une thérapie vous convient

Autrement dit, libérez-vous d’une croyance tenace. C’est le troisième point qui m’apparaît comme essentiel en cherchant une thérapie.

L’idéal du thérapeute “sauveur”

L’idéal d’un thérapeute sauveur qui aurait “LA méthode” avec laquelle vous allez “TOUT faire”, pose évidemment problème.

En vous libérant de cette croyance en un “super thérapeute sauveur” vous vous donnez l’opportunité d’une bonne surprise, si cela arrive. Mais vous vous préservez d’une grosse déception si cela n’arrive pas.

En effet, le chemin thérapeutique n’est pas une autoroute.

Il est fait de voies diverses, d’aller-retours, d’étapes. Des étapes que l’on franchit chacun à notre rythme, à l’aide de personnes et d’outils, bien souvent différents. Des professionnels et des outils dont l’utilité, peut varier en fonction des difficultés à traiter, de notre personnalité, mais aussi du moment de la vie.

Il faut donc rester ouvert.

Comment choisir sa thérapie : conclusion

Pour résumer, on augmente les chances de trouver la bonne thérapie en :

  • Notant les recommandations de tiers, professionnels ou non, tout en gardant du recul ;
  • Privilégiant des méthodes de thérapie brève ou intégrative pour commencer ;
  • Favorisant des méthodes de thérapie modernes (comme les TCC 3ème vague, l’EMDR, la TBSI, des modèles de thérapies combinés, comme l’approche HTSMA) ;
  • Se donnant le droit à l’essai et en acceptant l’idée qu’un parcours thérapeutique peut se faire en plusieurs étapes, avec plusieurs outils.

Une fois que vous avez intégré ces différents paramètres, je dirais que le plus important pour choisir sa thérapie, c’est de s’écouter.

Si vous ressentez quelque chose, tenez en compte.

Ecoutez cette petite voix à l’intérieur de vous (ce qui ne veut pas dire de forcément lui obéir). Et si c’est dans le cadre d’une psychothérapie que vous avez déjà commencée, faites-en part à votre thérapeute (il est là pour ça !).

Par ailleurs, si vous avez des doutes sur son professionnalisme : qu’il soit psychologue, médecin ou professeur émérite, n’attendez pas pour aller voir ailleurs.

Faites-vous confiance.

En effet, la recherche en psychothérapie démontre sans ambiguïté que l’alliance avec le thérapeute est un facteur déterminant pour la réussite du processus.

Enfin, concernant la méthode proprement-dite, donnez-vous 3 à 5 séances « pour voir ». Et notez bien ceci :

Une thérapie qui porte ses fruits produit des changements concrets et observables.

Ils sont donc clairement visibles (et même mesurables) dans votre vie, même s’ils peuvent arriver progressivement.

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Karim

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