Virginia Woolf… Pourquoi peut-elle nous inspirer (alors qu’elle s’est suicidée) ?!

 

Ecrivain et féministe au début du 20ème S., elle a su inspirer malgré de profondes périodes de dépression. Virginia Woolf avait d’ailleurs perçu l’importance de se libérer soi-même de ses propres entraves personnelles. Seulement, il y quelque chose dont elle n’a pas réussi à se libérer. En quoi cela peut-il nous inspirer dans notre cheminement vers le bien-être et l’épanouissement ? C’est ce que j’avais envie de partager avec vous aujourd’hui.

Qui était Virginia Woolf ?

Virginia Woolf (1882-1941) est une femme de lettres anglaise du début du 20ème Siècle. Féministe et écrivain, elle publie une quinzaine d’ouvrages en anglais. Et ce n’est pas rien, dans le contexte de l’époque…

Ayant trouvé la force de s’émanciper intellectuellement et socialement, elle développe son propre style littéraire. Et cela va sensiblement influencer la littérature anglaise de l’époque !

Qu’est-ce qui semble l’avoir amenée vers ce chemin ?

Dotée d’un sens subtile de la psychologie, Virginia Woolf nous fais vivre l’intimité de ses personnages.  Elle développe avec profondeur leur rêveries, leurs errances personnelles et leurs contradictions. Au delà du fait que nous soyons tous concernés, elle nous montre, de cette façon, sa grande sensibilité, mais aussi une compréhension approfondie de la psychologie humaine.  

En savoir plus sur Virginia Woolf

Virginia Woolf avec sa famille (Wikipédia)

Malgré sa finesse, sa créativité, son courage et son engagement, elle se suicide le 28 mars 1941, à 58 ans. De son travail,  il reste ses ouvrages… Mais aussi de nombreuses citations parfois très inspirantes ! 

Vous en trouverez d’ailleurs certaines iciEt en voici une que je trouve particulière belle.

“Je ne serai pas célèbre ou grande. Je continuerai à être aventureuse, à changer, à suivre mon esprit et mes yeux, refusant d’ être étiquetée, et stéréotypée. L’ affaire est de se libérer soi-même : trouver ses vraies dimensions, ne pas se laisser gêner.”

Alors en quoi Virginia Woolf nous intéresse-t-elle ?!

Eh bien, elle a su libérer sa pensée… mais pas son coeur. Dans sa souffrance et face à des altérations semble-t-il importantes de son fonctionnement psychologique, elle a saisi l’importance de se libérer de ses fameuses entraves. Mais hélas, elle n’en a pas trouvé le moyen. Cela ne l’a pas empêchée de lutter jusqu’à 58 ans !

D’un côté nous voyons que sa sensibilité, sa créativité, sa compréhension de l’humain et sa force ont été des ressources d’une grande richesse pour elle, mais aussi pour la société de l’époque. 

Mais cela nous montre également que cette sensibilité ainsi que les conséquences de certaines blessures (psychologiques), peuvent parfois nous conduire sur des chemins douloureux et pleins d’ornières, lorsqu’elles ne sont pas canalisées ou traitées avec les bons moyens .

Virginia Wool, une féministe qui avait compris en quoi est-ce qu'il est important de se libérer soi-même !

Virginia Woolf : Se libérer soi-même

Elle s’est battue avec la vie

Elle s’est battue jusqu’à 58 ans avant de mettre fin à ses jours. Son regard sur sa condition, parfois lucide , parfois empreint d’une profonde mélancolie lui a permis de comprendre l’importance de se libérer soi-même de ses propres entraves. Seulement, il lui manquait quelque chose. Quelque chose qui a fait qu’elle n’a pas trouvé d’autre solution que de se donner la mort… en laissant un mot à son mari. Voilà ce qu’elle lui a écrit :

« J’ai la certitude que je vais devenir folle : je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible… Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. […] »

C’est triste vous ne trouvez pas ?

En fait, elle ne supportait plus le poids de se voir… comme un poids, pour son mari.

Ce combat qu’elle a mené est d’autant plus terrible qu’à l’époque, les moyens thérapeutiques étaient extrêmement limités, contrairement à aujourd’hui. 

En quoi le suicide est-il un appel à une autre vie ?

Le suicide, un appel à une autre vie ?

Virginia Woolf n’avait pas les moyens que nous avons aujourd’hui

En effet, à cette époque la “psychothérapie” était, pour ainsi dire, balbutiante en France. N’oublions pas, par exemple, que Freud est mort en 1939. Le titre de psychologue n’a quant à lui été crée en France que dans les années 70, puis protégé par la loi en 1985 ! Tout cela est très récent. 

Virginia Woolf avait donc compris l’importance de se libérer, de se trouver elle-même et de refuser les entraves.

Cependant, elle n’avait pas accès aux moyens de notre époque. 

Qu’est-ce que cela nous montre ?

Tout d’abord et comme je l’ai déjà évoqué dans l’article fondateur de ce blog : comprendre ne suffit pas. Ensuite, nous avons besoin de trouver les moyens adéquats pour nous libérer et évoluer positivement !

Or aujourd’hui, nous avons un panel incroyable de méthodes et d’outils thérapeutiques, comparativement au début du 20ème siècle (plus de 400 en réalité !) . Cela-dit, il faut reconnaître que cela reste compliqué aujourd’hui.

Pour quelle raison ?

Le manque d’argent et de temps sont des facteurs importants, mais ce n’est pas tout. La méconnaissance qui règne au sujet des différentes  méthodes et outils, ainsi que la confusion qu’elle engendre rendent la tâche d’autant plus ardue.

Mais ce n’est pas tout.

N’y a-t-il pas au fond de nous quelque chose d’autre qui freine ?

Alors, quel est ce frein qui nous empêche d’utiliser ces différents moyens ?!

N’avez-vous pas remarqué que parfois, il y a comme une sorte de force au fond de nous qui freine… Elle se manifeste souvent sous la forme d’une appréhension. Et elle peut même devenir une peur face à l’incertitude que génère l’idée d’avenir inconnu ou incertain.

C’est un peu comme si nous avions un réflexe de peur face au risque d’un changement. En même temps, une partie de nous désire ce changement ou du moins, en perçoit les bénéfices potentiels.

Nous avons donc, en nous, une sorte de peur, quasiment automatique, du changement. Et c‘est d’ailleurs totalement normal ! Car ce frein à sa raison d’être… Il peut par exemple permettre d’éviter d’être déçu (une fois de plus), mais ce n’est pas tout, bien-sur.

Pour en savoir plus sur cette question, vous pouvez cliquer ici.

En attendant, ce frein au changement peut nous causer du tort. En effet, si nous l’écoutons trop, nous risquons de nous figer et de ne plus évoluer. Du coup j’ai envie de vous demander :

Et vous, dans quelle mesure ce frein vous empêche-t-il avancer ?

Prenez peut-être quelques minutes pour y penser…

Pour celles et ceux qui se sentent touché(e)s par la question du suicide

Pour des raisons très personnelles, c’est un sujet qui me tient vraiment à coeur. Et c”est certainement pour cela que l’histoire de Virginia Woolf m’a tant touché. 

Du coup, j’aimerais que ce blog vous aide, ou aide un de vos proches, à ce sujet. Il n’est cependant pas possible de le développer comme je l’aimerais dans cet article. En attendant, notez déjà ceci :

Contrairement aux idées reçues, il est normal de penser au suicide lorsqu’on ne voit plus d’alternative à une souffrance trop longue et/ou trop intense.

Le suicide, un non-choix devant l'absence d'alternative à la souffrance...

Le suicide, un non-choix…

Et ce n’est pas une question de courage, de lâcheté ou de choix. Il s’agi en fait d’un non-choix face à l’absence d’alternative.

Notez aussi qu’avec un accompagnement adapté, les idées noires ou le processus de deuil peuvent êtres grandement “aidés”. Bien-sûr, cela n’enlèvera pas la douleur morale liée à la perte d’un proche. Mais cela peut vous permettre :

  • d’accéder à de nouvelles perspectives et donc d’entrevoir une lumière au bout du tunnel ;
  • de réduire sensiblement votre culpabilité et/ou votre colère ;
  • Mais aussi de vous soulager en mettant du sens sur l’épreuve que vous traversez, ainsi que sur ce que sur ses implications..

C’est en tout cas ce que montrent les personnes endeuillées qui ont frappé à la porte de mon cabinet ou de celui de certains collègues. En effet, la plupart d’entre-elles nous indiquent un chemin à suivre :

Celui du retour progressif vers la vie, après le passage de la mort…

Alors si vous-vous sentez concerné(e) ou simplement touché(e) par cette question, vous pouvez lire cet article sur le thème du suicide. Il prolonge ce préambule.

Au fond, ce que j’aimerais pour vous…

J’aimerais que ce blog vous aide à trouver vos “propres dimensions”. J’aimerais également qu’il vous aide à trouver ce que Virginia Woolf n’a pas réussi à trouver : les moyens de vous libérer de certains freins. 

Comment y parvenir ?

En cherchant les moyens qui permettent de retrouver le chemin de la vie, celui du changement évolutif. Mais alors comment savoir si je suis sur ce chemin ?

Il y a, je crois, des indices qui ne trompent pas :

  • là où je ressens un peu plus de Paix (intérieure) ;
  • là où où je ressens un peu plus d’Amour (sans qu’il y ait forcément de l’attachement) ;
  • mais aussi là où je ressens un peu plus de Joie (et pas seulement de la satisfaction).

N’y aurait-il pas ici trois composantes essentielles du fameux “bonheur”, après lequel nous courons tous ?!

Et pourquoi pas accéder à la vie de nos rêves tant qu’on y est ?!

Ça vous semble impossible et je vous comprends. Je pensais la même chose avant de m’être libéré de mes plus gros freins… Certains d’entre eux étaient là depuis plus de 30 ans ! Je croyais qu’il s’agissait de ma propre personnalité, que j’étais “comme ça” et que ça ne pourrait jamais changer.

Alors, quelle surprise de me découvrir sous un tout autre jour…

Et de me surprendre après coup, à construire un petit Temple : à réaliser le chemin de mon propre bonheur 😉 

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui. 

Si vous souhaitez dire un mot… c’est à vous…

A bientôt,

Karim

Karim Fathi-Berrada, se libérer soi-même

Karim Fathi-Berrada

Crédit photo :

Wikimédia : George Charles Beresford

Pixabay / KieferPix

By | 2017-09-15T00:39:40+00:00 septembre 8th, 2016|Dépression, Pensée passagère, Suicide, ≈ 6mn|4 Comments

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4 Comments

  1. William 7 février 2017 at 18 h 38 min - Reply

    Je viens de lire avec intérêt votre article sur Virginia Woolf. Il y a quelques années j’avais lu un de ses romans « les vagues »; en fait elle a fait partie d’un courant littéraire anglo-saxo (avec James Joyce) qui transforma profondément le roman en entrant carrément dans le flux de conscience des personnages, et poussant le vice jusqu’à passer d’une conscience à une autre au sein d’un même chapitre, laissant circuler le flot des sensations et des idées qui traversent l’esprit humain. On a dit qu’elle était devenue folle mais moi je pense plutôt qu’en fait elle est allée tellement loin dans l’introspection de la conscience qu’elle aurait fini par ne plus supporter la vie matérielle (disons son incarnation). Le début de la guerre aurait alors été un déclencheur ou un prétexte pour passer de l’autre côté du miroir. Elle avait fini par entendre des voix, ou peut être les entendait-elle déjà depuis toujours, car toute son oeuvre est basée sur ce truc de la voix intérieure, du monologue de la conscience. Du coup j’ai retrouvé une citation d’elle dans « les vagues ». Voici: « Je vais prendre mon angoisse et la déposer sur les racines sous les hêtres. Je vais l’examiner et la prendre entre mes doigts. Ils ne me trouveront pas. Je mangerai des noisettes et je chercherai des œufs sous les ronces et mes cheveux seront poissés et je dormirai sous les haies et boirai l’eau des fossés et mourrai là. » Selon moi elle avait fait de l’angoisse d’exister l’objet même de son travail et ça la possédait tellement qu’elle en est venue à aller se noyer dans une rivière. Bon en tout cas ça m’a donné envie d’en relire. En fait quand vous dites qu’elle ne supportait pas d’être un poids pour son mari (car elle était plus branchée sur les femmes apparemment) je ne suis pas sûr que ce soit ça la vraie raison au fond. En lisant ses œuvres on pourrait presque se dire que son suicide était le prolongement ultime de son travail d’écrivain, une sorte de continuité logique pour une vie passionnément dévouée à l’expérimentation littéraire. Bref c’est cool, de parler de cette grand dame.

    • Karim 7 février 2017 at 19 h 39 min - Reply

      Merci William pour ce riche commentaire. Je suis heureux de savoir que cet article vous a redonné envie de relire ses ouvrages ! Et oui effectivement, il n’y a clairement pas que cette question de se “sentir un poids pour son mari”. Cela semble être plus être une conséquence de son mal-être et notamment de la difficulté qu’elle avait de se sentir “à sa place” quelque part. J’ai le l’impression que c’est une expérience qui est partagée par nombre d’entre nous, à certains moments de notre vie.

  2. Pénicaud Chantal 16 février 2017 at 10 h 42 min - Reply

    Merci pour ce bel article qui me permet de découvrir une auteure que je ne connaissais pas.
    Quid des douleurs corporelles permanentes, envahissantes qui donnent envie de quitter son enveloppe ; Virginia en parle t-elle dans ses écrits ? Quel titre me conseillez vous pour une première lecture ? Merci !

    • Karim 19 février 2017 at 11 h 49 min - Reply

      Bonjour Chantal,

      La question des douleurs chroniques est un véritable défi pour la médecine et la psychologie du XXIème Siècle. Et effectivement, le besoin de stopper la souffrance peut nous pousser à envisager le suicide, afin de “quitter son enveloppe” et être enfin libéré(e) de ces douleurs.

      Alors que faire ?! Gardons-nous bien de réponses toutes faites.

      Mais il y peut-être quelque chose qui pourrait vous intéresser (si vous ne l’avez pas déjà expérimenté). Connaissez-vous les travaux de Frédérick Dionne ?!

      En combinant les approches que sont la pleine conscience (Mindfulness) et la thérapie ACT (Acceptation et engagement), il semble obtenir des résultats intéressants. Je vous laisse découvrir son approche ici : http://liberezvousdeladouleur.com

      Quand à une première lecture de Virginia Woolf, “la Promenade au phare” pourrait être une bonne entrée en matière.

      Bien à vous,
      Karim

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